Ce matin on a décidé de partir à jeun pour pouvoir mettre les jambes en action plus tôt et ainsi éviter le vent de la Puna qui a tendance à se lever vers midi. La vallée est encore à l’ombre il fait bon frais, les gants, le coupe vent et le buff sont de sortis. Heureusement très vite nous pédalons, réchauffés par les rayons de l’astre solaires qui pointaient déjà sur les sommets alentours. 

Depuis Ingeniero Maury les montagnes sur notre gauche sont colorées tel un conte de fée, nous continuons de longer la rivière. Les clapotis de l’eau et le ronronnement d’un ruisseau s’entremêlent aux bruissements des roseaux dansant sous  le souffle du vent, un calme et une paix se dégagent malheureusement entrecoupés par le passage de camionnettes qui filent à mille à l’heure  ou  par les camions des compagnies minières qui exploitent les minerais plus haut vers le passe Sico que nous avions envisagé de traverser pour passer au Chili. Malheureusement le gendarme du village nous a informé que désormais seul les transports miniers peuvent franchir ce col vers le Chili. 

Faisant face aux monts comportant des dizaines de tons colorés se dressent  des versants plus rugueux de roches sédimentaires granuleuses s’effritant aux vents dont le temps et l’érosion inévitable mettent à jours la rocailles enfuient dans ces couches qui se superposent comme des grains de beautés, des taches de rousseurs ornant ces strates venues d’un autre temps. 

Les versants nord, plus exposé aux rayons de l’astre solaire ont été colonisé par d’innombrables cactus qui se dressent vers le ciel à plusieurs mètres de hauteur,  haut et fiers tel des colons israéliens envahissant les contrées de la Palestine. Rien ne les arrêtent, ils dominent les territoires occupés sans compromis.

Les gorges Del Toro sont une barrière orographique pour les vents humides provenant de l’est, ce qui influe le climat aride de la Puna.

Ces collines datent de 500-600 millions d’années. 

Dans un environnement de pré puna la présence de cactus est très commune.

Les terrasses formées par les sédiments aluviones de la rivière Toro sont utilisées pour les cultures.

Les gorges Del Toro: 150 km de long et entre 100 et 1000m de large ravine, avec des parois perpendiculaires et extrêmement érodées 


La rivière Toro court au travers depuis les neiges du Chañi à environ 6000m d’altitud. « Toro » vient du lot quechua « turu » qui signifie boue, faisant allusion à la grande quantité de limon et pierraille que la rivière entraîne durant des crues estivales. Accompagnant la rivière Toro qui court zigzaguant la route nationale 51 et la ligne de chemin de fer C-14 par laquelle transite le fameux train des nuages. 

Tout au long de ces gorges se trouvent différents paysages aussi bien dans la zone basse que dans les zones de haute montagne. On peut y persévérer des semées et des animaux tels que les moutons, les chèvres, les lamas maraudant les pentes raides. Le principale activité de ces contrées et hameaux est l’agriculture de subsistance et les pâturages, bien que certains se consacrent aussi à l’artisanats ou aux activités touristiques.

Pause déjeuner dans le charmant petit village de Gobernador Manuel Solá où nous reçoit le curé à la sortie de sa chapelle une réunion a lieu regroupant les habitants de la zones, on y retrouve la voisine qui nous avez donné de l’eau la veille. La zone est pleine de jeunes adolescents en raison de la présence d’un collège avec internat où vient étudier la jeunesse   De cette région montagneuse. Humita, tamal et empanadas composent le déjeuner, puis il est temps de reprendre la route. C’est plus pentu, les plis colorés ont disparu, les couches sédimentaires brunes sont toujours peuplés de cactus accompagnés de roseaux aux plumes blanches. La rivière est désormais un petit cours d’eau bordé d’une frange de végétation verte. Les quelques arbres virent déjà aux tons automnales. Vers 16h arrivée à Santa Rosa de Tastil à 3097m d’altitude. À côté du musée archéologique une petite place pourrait nous accueillir pour camper. Après une visite du musée où nous tapons le bout de gras avec Epiphania direction l’hébergement du village, le mec veut nous charger 5000 pesos pour une douche ou 20000 par personnes pour un dortoir . En comparaison on payait 14000 pour deux dans un hébergement de famille à Salta avec chambre privée. Retour à la place pour y poser la tente, faire un feu, remplir le sac de 10l d’eau chaude et se laver sur le côté du musée peu avant la nuit lorsqu’il n’y aura plus personne autour. La couverture de survie fera office de rideau de douche.

Ce soir je cuisine des grains de soja au feu de bois malheureusement ça ne passera pas bien et je devrai sortir en urgence en pleine nuit pour évacuer en spray ce que j’avais ingurgité quelques heures auparavant.  Mis à part ça nuit bien tranquille, peu de mouvement sur la route 51 et une fois que le musée ferme il ne reste plus âme qui vive dans la zone.