Réveil tôt dans la chambre d’hôtel, après une bonne douche, passage par le marché pour s’approvisionner en fruits et légumes. Ce que je trouve cool en Bolivie est que le supermarchés n’ont pas envahi le pays, tout se passe au marché où on y trouve de tout ou alors dans les petites échoppes. Une fois nos vélos chargés il est temps de prendre les route, les dix premiers kilomètres sont plats, jusqu’à la traversée en ligne droite de Aramis. De là commence l’ascension du jour. La première partie, la végétation est relativement sèche, les vector règnent en maître, de nombreux miradors offrent un joli panorama sur la vallée en contrebas. La route serpente a flanc de montagne, on s’élève gentiment avec nos coups de braquet, en cadence s’il vous plaît. Comme à l’accoutumé je pars devant et largue Silvina. En s’élevant commence à apparaître de nombreux petits fagots de blé fraîchement entassés. De toute évidence les récolte ici est manuelle, point de machinerie, de tracteur, le labeur se fait à la force du jarret, à la force du poignet. Les tons dorés du blé avec les plis ondulés des versants sont de toute beauté, le fond de vallée apparaît de plus en plus éloigné, et le plus fou est que des eucalyptus et des conifères commencent à apparaître à 3300m d’altitude, là où en Europe on serait déjà en haute montagne. On nous laisse traverser sans encombre les nombreux bloquages qui entravent la route et empêchent toute circulation de véhicules motorisées. Pour nous c’est le bonheur, nous pouvons jouir du paysage et de la route en toute tranquillité sans avoir le stress de se faire démonter par un chauffard. 

Après la pause déjeuner, on continue à traverser de nombreux blocages, pierres , troncs, amoncellement de terre, branches aux épines de plus de deux centimètres endiguent le flux des motorisés. Silvina ne se sentant pas bien, décision est prise de sortir de l’axe principale et pédaler vers la laguna Parququcha pour y installer la tente. En chemin il faut trouver de l’eau. Après quelques tentatives infructueuses nous finissons par trouver un robinet alimenté en eau fraîche. On remplit la poche de 10 litres pour le lavage, un Thermos pour le thé, et une bouteille pour la cuisine. Le reste de l’eau potable vient du bidon acheté la veille. L’eau à Cochabamaba étant particulièrement de mauvaise qualité il a fallu acheter de l’eau minérale histoire de remettre nos penses d’aplomb. On s’installe sur les hauteurs du lac. Pendant qu’on plante la tente on chauffe deux litres d’eau histoire de se laver à l’eau tiède. Le soleil se fait déjà la malle lorsque nous commençons à nous laver, alors on traîne pas, à 3500m d’altitude le changement de température est drastique, direct ça caille une fois que l’astre solaire est passé de l’autre côté de la montagne. Une fois habillé on peut installer nos couchages dans la tente et commencer à cuisiner. L’alcool de canne à sucre ne chauffe pas bien ça risque d’être galère, de plus il commence à faire bien froid, il reste quelques minutes avant que le manteau noir de la nuit de nous enveloppe, juste le temps de ramasser quelques branches et de prendre un bon feu pour supporter la nuit et finir de cuisiner le souper. À côté des flammes on est bien, on prend le temps de déguster nos pâtes aux lentilles à la crème de maïs et champignons et de finir par un thé de camomille et cúrcuma. Quand le stock de bois est épuisé, il faut éteindre les braises, la zone étant sèche et le vent pourrait faire de ravages. Il est à peine plus de 20h, le moment de s’engouffrer sous les toiles de tente au chaud dans le sac de couchage pour un élu de repos.