Ce matin c’est finalement le temps du départ de la « playa del Sol » . Passage par la station service Axion pour y manger une de leurs délicieuses « chipa », un Pain au fromage dont la patte est préparée artisanalement par une femme de Oberá.
Il est déjà midi lorsque nos jambes commencent à tourner en cadence, traversée de San Ignacio jusqu’au ruines jésuites puis c’est la route de terre numéro 210 qui se présente. C’est parti, ça enchaîne, en haut, en bas , relief accidenté de terre rouge parfois boueuse en raison des pluies des derniers jours . Un parcours au milieu du monte, bucolique à souhait comme je les aime, un chemin très peu circulé. Arrêt déjeuner dans l’arrêt de bus devant une école, à l’ombre il fait frais, il reste pas mal de bornes alors on ne traîne pas et on se remet nos jambes en cadence. En haut, en bas, passage de rivière, en haut, en bas, ainsi de suite jusqu’au village de Domingo Savio où des mandariniers dans un jardin attirent mon attention. Le propriétaire, Omar, est dans son potager, il s’approche et nous offre de ses fruits fraîchement cueillis de l’arbre. Un moment de causette, il en profite pour nous remettre dans le droit chemin, il aurait fallu bifurquer à gauche à la dernière intersection. Il nous avise, en haut de la prochaine montée la vue sur la vallée sera superbe mais il faudra crapahuter une dizaine de kilomètres vers le haut. Effectivement la montée n’est pas de tout repos, la pente est raide et on en chie sévère avant d’arriver au sommet où comme promis un joli panorama nous attend. Encore quelques kilomètre avant Colonia Alberdi que nous parcourons avec les dernières lueurs du jour. Une maison en construction à l’entrée du village pourrait servir d’abri pour la nuit. Il fait déjà frisquet, après quelques achats à l’épicerie du coin, retour vers la maison en construction où on se glisse discrètement pour s’y installer à l’abri des regard et des courants d’air. Pas besoin de monter la tente, le tapis de sol sera suffisant, auparavant opération souper car il est encore tôt et le déjeuner était frugal. Ce soir ce sera très simple des pâtes mélangées à une crème de petits pois chauffées sur le brûleur à alcool. À la fin de la cuisson surgit la proprio qui nous ordonne de quitter sa propriété illico presto, on lui explique qu’on voyage à vélo, que la nuit nous a forcé à trouver un refuge pour cuisiner à l’abri, rien n’y fait elle est complètement hystérique, nous prend en photo, appel la police. En sortant nous nous installons au coin de la rue sous un lampadaire pour manger notre repas chaud. La police arrive, l’agent de service est très cool, il nous explique que les gens du coin sont très méfiants, qu’ils n’ont pas l’habitude de voir passer des voyageurs. Il nous indique le camping Chapa, à environ 4km de distance. Après avoir avalé notre dîner opération de nuit vers le camping Chapa . Tout en descente jusqu’au lit de la rivière du même nom où se trouve le dit camping. Personne ne nous a entendu venir, nous faisons le tour du propriétaire, c’est super humide, je n’ai pas envie de payer pour ça. Peu avant avant l’entrée du camping, un peu plus haut dans la pente se trouve deux cabanes, je propose à Silvina de se glisser discrètement sous la deuxième avancée de toit pour y passer la nuit à même le sol. Couverture de survie sur le carrelage et nos matelas par dessus, bien s’habiller et on s’enfile dans les sac de couchage à l’abri des regards jusqu’au lever du soleil.