Ce matin la rosée a laissé ses milliards de gouttelettes sur les pâturages environnants, les vélos dégoulinent, tout est humide, heureusement l’astre radieux commence son ascension matinale.

Première mission après avoir assouvi un besoin pressant, déplacer les montures pour les exposer aux rayons du soleil histoire qu’elle commence à sécher. Même idée pour la tente, l’essuyer précautionneuse avec un chiffon à l’extérieur mais aussi partiellement à l’intérieur pendant que Silvina finit sa nuit. Très vite pousse sous mes sandales. une deuxième semelle de terre argileuse . Le soleil continue son ascension pendant que se poursuit la routine matinale du remballage, petit déjeuner puis finalement pliage de la tente après séchage. La journée sera longue, 70 km à tendance ascendante sur route de terre sont au programme 

La negra commence à pédaler pendant que je termine de ranger mon bordel, elle a déjà quelques kilomètres d’avance lorsque je commence à pédaler et oh malheureux, au bout de 2 kilomètres je me rends compte que j’ai oublié mon casque. Retour à la case départ… 

Au kilomètre 10, je rejoins Silvina qui s’inquiétait de ne pas me voir arriver et m’attend avec un bout de chocolat pour donner du baume au cœur. 

C’est reparti, il est déjà plus de 14h lorsque de présente le portail Uguay, la véritable entrée dans la zone de la réserve ´Estero del Iberá ».

Déjeuner sur le pouce à l’ombre de quelques arbres, assis sur un tronc et il est déjà l’heure de remettre un coup de collier, quasi 15h il reste environ 40km et à peine plus de 4 heures avant le coucher du soleil. Le paysage aux alentours est beaucoup plus marécageux et déjà apparaissent les premiers capybaras, les premiers hérons blanc, hérons bleu.

La seconde partie de la route est beaucoup plus intéressante puisque les coups de braquets de mêlent à l’observation de la vie sauvage de ce havre de paix. 

Avec un peu de chance il est possible d’observer des rhéas (de la famille des autruches), des fourmiliers, des singes, des alligators . Un panneau représentant ces diverses animaux sauvages invite les automobilistes à ne pas dépasser les 40km/h. Des deux côtés de la route des zones humides investit par le règne animal où le capybaras règne en nombre. 

Après la zone de Monte Verde, enfin un peu de faux plat en descente. Le soleil baisse gentiment sur l’horizon, il ne reste que quelques kilomètres jusqu’au centre d’interprétation de la réserve. Il faut encore passer la digue et le pont qui permet l’accès par voie de terre au portail Carlos Pellegrini.

Le coucher de soleil , les nuages aux tons rosés sur la lagune sont de toute beauté et donne un côté magique à notre arrivée surtout après cette journée épuisante. La nuit enveloppe le paysage de son manteau obscure l’orque nous arrivons au camping magnifique municipal, au bord de la lagune. Un couvert avec table et cheminée à côté de la tente et une bonne douche chaude bien méritée. Ce soir je ne cuisinerai pas, direction un petit restau pour y manger un morceau avec une bonne bière bien fraîche. 

Après le dîner retour au camping sous un ciel étoilé brillant de mille feux. 

Repos …