Nuit glaciale et matinée bien froide jusqu'à l'apparition du soleil, du coup il est déjà midi lorsque les jambes commencent à tourner en cadence, remontée vers le lieu-dit de Samambaia. La nuit a été tellement froide que je propose à Silvina de trouver une petit épicerie pour se procurer une bouteille PET qui lui servira de bouillotte pour la nuit, ça lui changera ainsi la vie. Quand on est au milieu de nulle part il faut toujours se méfier des algorithmes des applications GPS type google ou maps.me car elles t'envoient parfois au casse pipe sur un sentier hyper technique ou impraticable. C'est justement le cas aujourd'hui, grosse descente dans la caillasse, puis montée bien raide et séance pousse pousse avec une belle zone de boue au milieu, avant de trouver un panneau perdu, tout seul, qui indique une petite épicerie au fond d'une allée au milieu d'une plantation de thé. Point de soda mais le mec nous offre une bouteille vide, ce qui fera amplement l'affaire. Evidemment les sols continuent dans les tons rougeâtres, une couleur due à la décomposition des basaltes et des argiles métallifères de la région de Misiones, ils se marient au vert de cette végétation sub-tropicale. Le relief de la zone est plus qu'accidenté, les descentes sont engagées et les montées bien raide. À mesure que nous nous rapprochons de la cascade Sokalski, nous nous enfonçons dans la forêt qui devient de plus en plus dense, ombragée et humide à souhait, le roulis de l'eau s'intensifie en longeant la rivière qu'il faut ensuite traverser. La cascade Sokalski est de toute beauté mais durant l'hiver la zone reste ombragée toute la journée, pas idéal pour camper surtout après la froideur de la nuit précédente. Après avoir parcouru la zone, il est encore temps de remettre un coup de collier afin de pédaler dans la direction du Salto Sak, retraverser la rivière où Silvina tombe et se mouille les pieds puis ressortir de la zone boisée.

Les distances sont courtes mais extrêmement exigeante, elles consomment beaucoup d'énergie. Arrivée à la cascade Sak, cueillette de quelques mandarines, comme à chaque fois que nous passons devant un arbre dont on les trouve à foison dans la région. La cascade est cachée en contrebas d'une propriété luxueuse vide et ouverte, une passerelle avec piscine surplombe la dépression, citronnier et autres arbres fruitier dans le jardin. Un couvert est attenant à l'édifice avec barbecue pour couronner le tout.

Un endroit rêvé pour passer la nuit mais comme nous ne voulons pas abuser Silvina va voir le voisin qui est sûrement en charge de la garde de la maison .

Pendant ce temps je descends à la cascade par un chemin verdoyant bordé de millier de trèfles.

Encore un superbe spot dommage qu'il fasse froid et qu'on ne puisse se prélasser un moment sous le flux du torrent.

À son retour elle tire la gueule, une couche de plus, pas trop de bonne humeur la miss depuis qu'elle a les pieds mouillés. Va falloir trouver un autre spot, je la sens au bout du rouleaux pour aujourd'hui, on va pas aller trop loin.

En sortant de la propriété nous passons à côté de la maison du voisin et à peine 500m plus loin une entrée est ouverte dans une culture de mâté. ce sera le spot pour la nuit. Je retourne voir le voisin pour lui demander de l'eau potable puis retour au campement du jour. Installation de la tente et préparation du feu de camp, il y profusion de bois mort, ce soir ce sera facile., les flammes nous tiendrons au chaud, sécherons les affaires mouillées et étant plus loin de la rivière la nuit sera beaucoup moins humide, beaucoup moins froide. Avant de s'enfiler sous les toiles de tente, un litre d'eau en ébullition est versé dans la bouteille PET récoltée durant la journée. Avec une bouillotte la nuit sera plus douce pour la demoiselle en quête de chaleur. Tout es sec, la panse est pleine, allez hop, au lit ...