Au petit matin visite du champ d’à côté pour le dépôt de bilan quotidien pendant que les nuages prennent quelques tons orangés. La tente humide est recouverte de gouttes, la deuxième phase de la journée est donc de passe le chiffon histoire d’absorber les gouttelettes afin que la tente sèche plus vite. Une fois que c’est fait retour au bercail pour se relaxer encore un moment en attendant que mère nature fasse le travail de séchage. Une petite heure et le ciel se dégage, l’astre lumineux salvateur enfin pointe le bout de ses rayons. C’est le moment sortir de sous les toiles et commencer à plier les affaires de couchage pendant que le reste sèche. Les autochtones s’affairent paisiblement à leurs tâches quotidiennes dans un calme et une lenteur absolue des gens qui ont le temps loin du tumulte stressant des citadins. La voisine sort ses chèvres, trois cavaliers gauchos avancent doucement dans la prairie accompagnés de leurs chiens. Au loin sur la crête un homme marche tranquillement vers ses chevaux pendant que la voisine libère ses chèvres de l’enclos. Les animaux prennent la direction de la rivière non. Dans une petite hésitation du à notre présence. La voisine vient ensuite taper la causette et nous fournir gentiment nos rations d’eau nécessaire à une belle de pérégrinations vélocipèdes.

Il est déjà midi lorsqu’on se met à changer les braquets. Direct ça monte sur un peu plus de 4km jusqu’au premier col qui culmine à 1600 mètres d’altitude. Après une petite pause puis une descente le deuxième col se présente devant nous. Cette fois il faut s’élever à 1768 mètres d’altitude. 


Des boutons fleuris rouge, jaune, blanc et violet ornent le passage entre les collines rose ocre agrémentés de roseaux blanc en forme de queue de cheval. Le chemin est de toute beauté. Au loin des sommets rocailleux trônent sur les vallées. 

En arrivant au col, comme toujours j’attends Silvina, j’en profite pour poser quelques notes dans mon cahier virtuel iphonesque et étudier la suite du parcours.

Quelques minutes plus tard, la voilà qui arrive. Par moment le parcours me rappelle Córdoba et Capilla del Monte avec une terre sablonneuse mais plus ferrugineuse. Belle descente où il me faut remonter pour dépanner la chaîne de Silvina. On arrive ensuite à pampa grande, un plateau verdoyant à 1720m d’altitude. Pause déjeuner au bord de l’eau où les arbres ont déjà pris lestons jaune orangé annonçant l’automne. On a seulement pédaler 11km va falloir mettre encore un coup de collier durant l’après midi. Après la première partie plate du plateau, le relief du terrain ondulé oscille de haut en bas et de bas en haut, de fait on a pas vraiment l’impression de perdre en altitude. Passage par las Cuevas où le propriétaire d’une maison colonial nous indique où trouver les peintures rupestres dont nous avait parler un des motards rencontrés il y’a deux jours. On en profite pour quémander un peu d’eau potable qui n’est autre que l’eau de la rivière.

en revenant sur le chemin deux chouettes posent dans un arbre. Descente vers la rivière las Cuevas, pas de spot de camping en vue il faut continuer à avancer. Commence alors l’ascension du dernier col de la journée et Silvina en chie sur ce chemin de terre serpentant dans la montagne. Il va falloir pédaler jusqu’au cavernes aux peintures rupestres en espérant qu’on pourra y’a camper. La rivière n’étant pas très loin, le problème de l’eau sera résolu. Il est un peu plus de 18h lorsque j’arrive au sommet du col à 1996m, profitant des derniers rayons de soleil sur les crêtes plus élevées. Je repère quelques spots où nous pourrions camper mais l’eau commence à manquer. La miss arrive 10min plus tard et poursuit pour ne plus s’arrêter. Il faut enfiler le casque, le coupe vent et les gants, le fond de l’air est bien frais. C’est le moment fun de la journée. Finalement nous arrivons devant la grille d’entrée des grottes juste avant le crépuscule lorsque sort une camionnette et ses occupants que nous avions rencontré durant l’ascension du dernier col. Il nous donne la clé du portail et nous indique que la gardienne habite à 200m plus bas. Finalement nous décidons d’aller direct chez la gardienne, de toute évidence on ne verra lus rien des peintures rupestres. Nous voilà devant le portail d’entrée, Trinidad la fille de la responsable nous reçoit. Remise des clés et question à mille balles. Où peut-on passer la nuit. L’univers a entendu notre requête, Trinidad nous ouvre le bâtiment d’information touristique, construction récente, avec cuisine, toilettes … le bonheur ! Pas besoin de monter la tente, nous dormirons à même le sol, électricité à disposition donc y a pas le feu au lac . Gasiniere pour chauffer de l’eau , 10l d’eau chaude chacun pour se laver, pendant que l’étroite de petit pois aux lentilles mijote sur le feu. Alors que la situation pouvait devenir tendu on est au paradis. Tranquillité et paix sont au rendez-vous pour la nuit.