Le temps ce matin est couvert, ça sent la pluie, démontage rapide de la tente au cas où, avant de prendre le petit déjeuner. Conversation en français avec le couple cycliste qui commença à pédaler à Ushuaia il y’a un peu plus de 6 mois. Dès le début de la journée le paysage est spectaculaire, verdoyant, ondulant comme les méandres de la rivière, surplombé de falaises ocre . Parfois le chemin est creusé dans celles-ci, bordant le flux de la grande rivière de los Sauces. Des touches de végétation tropical humide viennent agrémenter le tout, les troncs des arbres sont recouverts de feuilles fines et de lichen, ça ressemble à un micro des yungas et des provinces de San Luis et Córdoba. On remonte la vallée, toute la journée est en mode pédalage ascendant sinusoïdal avec de nombreuses traversée de la rivière. Les deux premières fois le niveau de l’eau impose d’enlever les chaussures, heureusement ensuite ça passe en pédalant. L’huile de nos chaîne n’étant pas de bonne qualité, il se fait la malle avec les nombreux mouillages répétés de cette journée, et comme le sol est sablonneux, la transmission se crispe avec les grains de sable et l’absence de lubrification. La rustine autocollante posée sur la roue avant de Silvina n’a pas tenue le choc, il faut démonter et mettre une rustine classique plus ample afin de sceller le trou laisser par l’épine énorme du jour de reprise. On continue à pédaler, elle en chie car ne s’est pas suffisamment préparée et n’a pas de rythme. La zone est plutôt parcouru par des cavaliers que des véhicules motorisés, ici c’est gaucho et tradition, on reste assez loin de la modernité et ça fait franchement du bien. En arrivant le Lieux-dits de Los Sauces il est déjà 17h, on a avalé 33km et 743m de dénivelé positif. Après ça la route se sépare de la rivière il est préférable de trouver un spot de camping et de profiter des dernières habitations de la zone pour pouvoir quémander de l’eau pour la suite du voyage. On campe au bord du chemin, en surplomb de la petite rivière ou paissent, chèvres, moutons, bovins et équidés. Au bord d’un champ de maïs une zone relativement plate est idéal pour accueillir la tente. Le temps de s’installer, cuire du riz au légumes sur la cuisinière à alcool puis de se donner un brin de toilette en profitant des dernières lueurs du jour et il est déjà temps de prendre un moment de repos dans la tente . Le bétail rentre au bercail, hésitant à passer devant les deux intrus du jour, la propriétaire passe par derrière et les pousse tranquillement vers leur enclos. Le calme s’installe dans la prairie . On est bien cassé de la journée, nos corps endolories de la reprise de la vie nomade nous fait souffrir, la migraine guette, les cervicales sont tendues.

Il est même pas 20h et on dort déjà. Vers 22h30 je me réveille avec un mal de crâne pas possible, auto massage des cervicales, rien n’y fait , je sors prendre l’air, marcher un peu en attendant que le dafalgan fasse son effet. Retour dans la tente, le bruit des gouttes bercera cette nuit à plusieurs occasions.