Ici les journées commencent tôt, l'aube se pointe vers 5h du mat', alors peu après 6h ça commence déjà à s'activer dans la réserve. Noelia la ranger nous salue et prend le large car aujourd'hui débutent ces vacances. On tchatche encore un moment avec l'équipe et vers 9h on se met déjà en marche pour sortir de la réserve et retraverser les cultures de blé et de soja au milieu de la poussière rouge typique de la région. Un peu plus de 25km et 2h de pédalage pour arriver à Santa Fe del Parana où une mission vivres nous attend. Elle se termine par un petit plaisir Açai avant de se remettre à changer de braquets. La route asphaltée continue au milieu des plantations, en haut, en bas, les reliefs sont biens marqués dont certaines côtes super raides, mais même quand j'en chie je préfère pédaler que de pousser la monture chargée car c'est encore plus fatiguant. les dix derniers kilomètres sont sur route pavée et ça rebondit franchement, de fait c'est un revêtement pas du tout agréable à vélo mais bon , on sert les fesses et on fait tourner les jambes. Peu avant la fin de l'après midi arrivée au refuge Itabo, où la majorité des fonctionnaires sont partis en weekend.

Ousmane nous reçoit, et cerise sur le gâteau nous donne un dortoir avec climatisation et l'accès à une cuisine. Que demander de plus?

On retrouve nos potes du bus Mercedes Coco. Ousmane nous promet de nous emmener découvrir un sentier le lendemain mais la pluie s'invite à la fête et la visite est repoussée, encore et encore car le surlendemain la camionnette est restée embourbée. Finalement nous attendons le lundi et le retour de la Victoria, la biologiste en chef qui en connait un rayon sur le bosquet , les zones de fougères dont le dessous des feuilles est tapissé de spores, les derniers grands arbres de la zone, les lianes plus ou moins grosses qui permettent de déterminer l'âge de la zone de la forêt, ainsi que toutes les appellations scientifiques.

Un pur bonheur de parcourir ces sentiers avec des gens formés qui ont des tonnes des connaissances.

Passage également par la cascade de Sÿi.

Finalement nous passons 5 nuits dans la commodité des installations du refuge Itabo qui travaille aussi dans le domaine de la pisciculture pour repeupler la rivière de certaines espèces ayant disparu avec la construction du barrage . Il ne faut pas être naïf, le barrage a sacrément modifié la rivière, la retenue d'eau a englouti des milliers d'hectares de forêt atlantique et les réserves ont avant tout pour but de protéger la matière première qui est l'eau. Néanmoins elle permettent de garder des lambeaux de forêt tout au long de la rivière Parana mais aussi des portions plus vastes de forêt dans les plus grandes réserves car il a fallu reloger la faune sauvage sauvée des eaux, aussi préserver des zones boisées évite l'érosion prématurée des sols. Il ne reste plus que 7% de ce qu'il y avait de forêt atlantique il y a encore un peu plus d'un siècle, les jaguars ont déjà disparu de la zone car les franges de bosquet ne représentent plus un habitat suffisamment grand pour ces félins. Avec beaucoup de chance il serait encore possible d'apercevoir des pumas. Dans les plus grandes réserves il est plus difficile d'observer les grands mammifères qui ont un habitat plus vaste et un comportement plus craintifs. Le mardi nous remettons les bikes en ordres de marche et tapons la causette avec les employée qui installent des panneaux solaires mais aussi avec ceux qui mesurent la contamination de l'eau. Un des anciens racontent le changement drastique de la qualité de l'eau suite à la construction de deuxième plus grand barrage du monde.

Le mercredi matin , paquetage puis mise en route vers la prochaine réserve.