Passage par le shop de Ernesto pour le saluer avant de reprendre la route. Après une dizaine de kilomètres, arrêt technique, l'alignement de la roue arrière du bike de Silvina étant déréglé, il y a un léger frottement sur les crampons du nouveau pneu, on décide de le passer sur la roue avant mais celui-ci frotte sur la partie supérieur de la fourche. démontage, remontage, retour à la case départ... Apres 36 km nous arrivons à la station service de Tres Boca où nous projetons de planter la tente dans le parc derrière la station, impossible le sol est détrempé... C'est le moment de se réchauffer en mangeant un morceau dans la station avec une bonne boisson chaude. le caissier nous in forme qu'il y a une petite zone de bitume de l'autre côté du grillage, derrière les camions où la tente pourrait être installé mais je dois dire que je ne suis pas du tout convaincu. Finalement je trouve une école rurale à neuf kilomètre sur un chemin. S'est parti, il ne reste plus qu'une heure avant le coucher du soleil. Malheureusement dix kilomètres plus loin, toujours rien, de fait cette école n'existe pas, la suivante est encore une dizain e de kilomètres plus loin. Il faut de plus ne plus sombre, le chemin est de plus en plus défoncé mais il faut avancé. Il est déjà presque 20h quand nous arrivons devant l'école n°48, Colonia Luis Alberto De Herrera. C'était bien plus long que prévu, le portail d'entrée de l'école est fermé avec un cadenas , il faut donc passer toutes les affaires au-dessus mais je ne regrette rien, la tente sera sous un toit. Nez qui coule et toux grasse ont eu raison de moi, suis cuit. Point de souper, une boisson tiède des vêtements secs et sous les toiles de tente avec un cachet de paracétamol, histoire de pouvoir dormir en paix sans me moucher toutes les cinq minutes. La pluie arrive peu après et ne cessera plus de toute la nuit, même si Silvina était un peu furax d'avoir à pédaler ces vingt derniers kilomètres de nuit, c'était la bonne décision.
Au réveil il pleut encore, ça va être difficile de bouger aujourd'hui, apparemment on va passer le dimanche sous le préau de l'école mais il faudra être prêt aux premières heures lundi matin.
Les choses ne se passent évidemment pas comme prévu, vers 15h débarque la Police et la responsable de l'école qui a oublié son humanité et nous demande de quitter les lieux au plus vite sous la pluie. Le flic, supers bonnes vibes, comprend bien que nous sommes arrivé de nuit à vélo, que nous avons décidé de passé la tente sous un toit et que vu les conditions météorologiques nous avons décidé d'attendre avant de repartir. Quant aux employés de l'école n'en parlons pas, pas la peine de perdre du temps avec ce genre de personne, mieux vaut démonter, ça prendra une bonne demi heure.
Christofer, le policier de service du jour nous propose de nous emmener sous le toit que nous propose les employés de l'école au bord de la route 24. Je remercie les employés avant de partir en leur rappelant que nous avons passé d'autres nuits dans d'autres écoles et que parfois nous avons même partager de superbes moments avec les enfants, le problème n'est pas l'institution publique mais bien les Peurs des gens qui la représentent. Ils restent sans voix, à peine dans la voiture Christofer nous demande si nous voulons aller ailleurs car l'endroit qu'ils nous proposaient est horrible et qu'il nous emmènera où bon nous semble . Apparemment la dénonciation dont nous faisions l'objet disait que nous avions brisé des vitres de l'école.
Bref, finalement l'expulsion se transforme en excursion dans la camionnette de police guidée par l'agent de fonction. Il nous présente San javier, une colonie Russes vieille de 140 ans qui produisait de l'huile de tournesol. Une communauté Russe habite encore la zone, ils ont gradé les us et coutumes de leur ancêtres. Toute une flopée d'entre-eux se trouvent à Puerto Viejo où Christofer nous laisse avec nos vélos.
Il pleut encore, finalement le couple de gérant de la zone nous offre une chambre a un prix réduit. Nous décidons de rester deux nuits afin que je puisse récupérer et éviter une rechute. Le niveau de la rivière est monté de quasi 8 mètres dans la zone, la visite des îles de la rivière Uruguay est interdite pour le moment. Demain nous reprenons la route.