Après une courte nuit, démontage puis passage par la boulangerie du quartier pour un petit déjeuner à base de farine. Avant d’aller faire tamponner le passeport de la Estrada Real. Depuis l'axe principal, en quittant Lagoa Dourada, nous tournons à gauche en suivant les totems de la 'Estrada Real. Dans cette section nous entrons dans la forêt et quittons l’asphalte des véhicules motorisés. Une fois bien engagé dans le bosquet, commence un sentier avec des descentes très raides. Les pluies des derniers jours ont laissé le sol détrempé, la descente est donc technique en raison non seulement de l’inclinaison mais aussi de la boue. Une freinage trop puissant entraînant inévitablement la chute. belle séance  de pilotage à laquelle je prends mon pied pendant que Silvina qui n’arrive pas une fois en bas s’est visiblement pris les pieds dans le tapis. En effet ayant voulu enregistrer une vidéo de cette portion elle s’en est allée goûter la terre ferrugineuse de la zone, se tordant le doigts pas la même occasion.  Effectivement dans les portions technique il est recommandé de garder ses deux mains sur le guidon. On fait donc une pause au milieu de la forêt pour qu’elle se récupère, la portion qui suit est tout autant bucolique mais moins technique comportant des traversées de rivières avant de rejoindre les champs de culture. 

De magnifiques paysages de montagne accompagnent notre avancée où l'on peut voir d'anciennes fermes et bâtiments, comme la Fazenda da Engenho, datant du XVIIIe siècle, avec ses quartiers d'esclaves. L'endroit fut visité à plusieurs reprises par l'empereur D. Pedro. Cette première vingtaine de km est énergivore à souhait, les dénivelés sont abrupts et met déjà nos organismes à rude épreuve d’autant plus que le soleil et la chaleur qui va avec sont au rendez-vous. En arrivant à Prados on a les cannes déjà bien cramées.

 Direction le petit supermarché pour quelques provisions nécessaires au déjeuner du jour avant de reprendre la route. 

La ville de Prados, une référence sur l'Estrada Real en matière d'artisanat et d'objets en cuir. Cela vaut la peine de visiter les nombreux ateliers où nous jetons un coup d’œil.

La suite  du tronçon est considéré comme facile d'accès, avec peu de mouvement, plat dans la plupart des régions et avec peu de forêts. Le paysage est marqué par la présence de la Serra de São José, visible sur une grande partie du parcours. Le chemin traverse Vitoriano Veloso, mieux connu sous le nom de Bichinho, un charmant village avec d'innombrables ateliers d'artistes et boutiques d'artisanat. On y arrive en fin d’après-midi. Le village est enchanteur, architecture coloniale et artisanat flirtent avec les montagnes verdoyantes et luxuriantes de la serra de Sao José. Finalement nous nous arrêtons devant la distillerie de cachaça Mazuma qu’il est possible de visiter mais comme il est déjà presque 17h elle va fermer. Un homme sort taper la causette, il a parcouru une bonne partie de l’Europe à vélo. Fabio s’avère être le propriétaire de la distillerie, après quelques minutes il nous invite à passer la nuit dans le domaine perché sur la colline avec vue imprenable sur le paysage environnant. Nous montons avec lui et finalement il nous donne une chambre agencée avec goût par son épouse Silvia. Une bonne douche plus tard nous voilà invités à barboter dans la piscine couverte de ce charmant couple sexta génère qui nous reçoit de forme très spontanée, la convivialité se mariant avec un confort digne des meilleures hôtels.  Après la piscine voilà qu’on nous sert le dîner avec dégustation de la production locale de Fabio . Cachaça, gin, et vodka maison de première qualité. Fabio s’est reconverti dans la production de cachaça artisanal à l’heure de la retraite. Après les digestifs, nous retrouvons le confort des lits douillets pour une nuit de sommeil bien méritée. Le lendemain Fabio nous emmène sur le site de production des ses doux breuvages alcoolisés qui suivent un processus d’économie bleue. Un terme que lui même ne connaissait pas mais qu’il met en pratique. Pour ceux qui ne connaissent pas ce processus, l’idée est d’avoir une chaîne production qui ne génère pas de pollution grise c’est à dire qui ne produit pas de déchet. 

De fait notre charmant hôte fait pousser sur sa propriété la canne à sucre nécessaire à la cachaça, récoltée à la main puis pressée sur place pour en retirer le jus qui est envoyé vers les cuves de fermentation. La partie fibreuse de la canne à sucre qui reste après le pressage sert à alimenter la chaudière qui produit la vapeur nécessaire au fonctionnement des alambics en cuivre . Passage par les caves où en fonction du type de cachaça, l’alcool distillé est conservé dans d’anciens barils de whisky, de cognacs ou des bois de production brésilienne. Après la dégustation l’envie nous prend d’aller faire un tour dans le village mais l’eau de vie nous a eu raison de nous. Nous profitons d’une bonne sieste dans le confort de la maison de Fabio. La soirée est tout aussi agréable que la première , un peu moins arrosée fort heureusement. Le lendemain, après un bon petit déjeuner c’est le moment de plier les affaires et de laisser derrière nous la charmante propriété Mazuma, saluer Fabio et Silvia pour leur hospitalité, faire une photo souvenir puis recommencer à faire tourner nos braquets libres en direction de Tiradentes.