En sortant de l'école rural de Polancos il est déjà quasi midi, le matos est encore un peu humide en raison de la bruine matinale néanmoins le ciel plutôt nuageux indique qu' il est préférable de lever le camp. La journée commence par la collecte de quelques agrumes jonchant le sol du jardin de l'école puis une dizaine de km sur route en terre, jusqu'à Agaciada, où un festival de nourriture a lieux au club sportif du coin, ça tombe bien on a faim. C'est déjà terminé lorsque nous arrivons mais le patron du bar d'à côté nous invite à remplir nos gourdes d'une eau bien fraîche pendant que se partage un brin d'humour avec les clients du bar. Au mur du club, une relique d'un temps pas si lointain, un désuet téléphone public à carte.

La rue principale du bled, bordée de citronnier, marque la limite entre le département de Colonia et celui de Soriano. quelques citrons au sol sont déjà mûrs, il finissent dans les sacoches. Il nous reste environ 30 kilomètres, le parcours se poursuit sur route de terre au milieux de grandes exploitations agricoles, quelques fermes, parfois la terre rouge contraste joliment avec le vert des herbages. Certaines moissonneuses batteuses énormes travaillent à la récolte des céréales des champs environnants.

Hormis les sols rouges qui rappellent d'autres latitudes, la campagne urugayenne me fait parfois penser à la campagne française, de par ces domaines agricoles, la verdoyante de la végétation et les reliefs du terrain.

Le relief reste onduleux et après une vingtaine kilomètres sur le terre, c'est le retour sur une route asphaltée qui nous amène à Dolores le grenier à grain du pays.

Depuis plusieurs jours nous passons entre les gouttes et la probabilité de pluie est très haute pour cette nuit, parcours de la ville à la recherche d'un toit sous lequel nous pouvons mettre la tente. Une dame nous envoie au club sportif, à côté de la piscine municipale, on y trouve des aires de jeux, un terrain multisport, quelques gens, familles agréables et bavards, des toilettes publiques et un préau accueillant qui nous invite à se mettre à l'abri des intempéries. Préparation du diner du soir puis consultation auprès de la gardienne qui nous autorise à mettre la tente pour la nuit. Une fois la réfection avalée, direction la station service du coin pour une bonne douche bien chaude et un peu de recharge des appareils électroniques.

Promenade de nuit le long des berges du "Rio Negro", visite de la Péninsule qui offrirait également un toit qui pourrait nous accueillir et passage par la place "Independencia", puis la place principale de la ville où beaucoup de groupes de jeunes partagent le maté en tapant le bout de gras. On s'y installe un moment avec l'artisanat mais ce public n'est pas très demandeurr, du coup retour vers la piscine municipale pour installer gentiment la tente et prendre nos quartiers pour la nuit. Le préau est tout illuminé, ça fera tout de même l'affaire pour la nuit. Encore une fois nous y échappons belle au petit matin lorsque crépitent sur le bitume les larmes de mère de nature. La journée commence aux aurores, il fait encore nuit, mais la gardienne nous a demandé de démonter avant l'ouverture de la piscine à 7h du mat'. le jour se lève, ciel voilé, grisé et gouttes de pluie sont au menu du petit déjeuner. OJn prend notre mal en patience, laissant l'averse passée, en chauffant de l'eau pour un bon café bien chaud. À la sortie de son heure de natation un sportif local vient bavarder un moment pour nous passer de bonnes infos sur les chaises à voir dans le pays et nous recommander quelques routes, de fait les meilleurs sources d'informations que l'on peut obtenir en voyage vient souvent des locaux, depuis un moment déjà je ne regarde plus rien sur internet mis à part la carte.

Décision est prise de tracer vers Villa Soriano.